Développement durable vs. Décroissance

Pourquoi la prise en compte du réchauffement climatique et de ses conséquences a-t-elle mis autant de temps à être prise au sérieux, sauf par une minorité de personnes, en tout cas par trop peu de personnes pour enrayer le phénomène ?

Il me semble que cela est dû en grande partie parce que cette minorité de personnes ne parle pas d'une seule voix. Au lieu de dire clairement qu'ils sont tous d'accord sur les dangers qui nous guettent et qu'il faudrait tous agir à notre niveau selon nos possibilités, ils se chamaillent sur comment il faut agir.

Or, tout le monde ne part pas du même point de départ et tout le monde ne pourra pas prendre la même route. Que nous soyons célibataire ou en couple avec des enfants, que nous soyons étudiant, salarié, à son compte ou retraité, que nous vivions à la campagne ou en ville, en maison avec jardin ou en appartement, et on peut trouver encore bien d'autres différences, nous ne pouvons pas modifier nos modes de vie de la même manière à la même vitesse.

J'ai particulièrement ressenti cela lors du mouvement des gilets jaunes où certains ont voulu opposer les fins de mois à la fin du monde. Très régulièrement, j'entends des remarques du genre « l'écologie, la protection de l'environnement, c'est pour les riches ». Certes, il est plus facile d'accéder aux dernières technologies non polluantes lorsqu'on a suffisamment d'argent sur son compte en banque. Mais une démarche zéro déchet, par exemple, peut permettre d'allier lutte contre les fins de mois difficiles et fin du monde. Le dernier témoignage que j'ai lu en ce sens est celui d'une famille de Roubaix.

Donc pour ma part, il me semble qu'il faut se féliciter de la diversité des démarches, même si je préfère certaines à d'autres, car la survie d'un monde dépend de sa richesse et de la diversité qui le construit. Par exemple, une espèce très spécialisée dans son régime alimentaire est plus fragile qu'une espèce omnivore. Alors pourquoi vouloir à tout prix opposer différentes méthodes pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Depuis 2004, je m'intéresse à deux mouvements écologistes en particulier qui ont tendance à s'opposer alors qu'ils m'apparaissent complémentaires : ceux qui prônent la décroissance et ceux qui parlent de développement durable. Que sont ces deux mouvements ?

Les décroissants s'attaquent au modèle de développement économique qui a été mis en place essentiellement par l'Europe et l'Amérique du Nord et que cherchent (malheureusement) à copier les pays dit en voie de développement. Or, ce développement se construit en oubliant que nous vivons dans un monde fini, que la majorité des ressources naturelles ne sont pas renouvelables et que même celles qui le sont normalement peuvent avoir du mal à se renouveler vu à quelle vitesse nous les prélevons. Ce modèle économique a aussi créé la notion de déchet, qui n'existe pas normalement dans la nature, en créant des objets et matériaux qui ne peuvent pas se dégrader pour ré-intégrer les cycles naturels. Au mieux, ils restent inertes là où ils sont, au pire ils se dégradent mais sous forme de molécules dangereuses pour nous et la nature.

Pour ma part, j'adhère au principe de décroissance. Nous consommons trop de tout sans souci de comment ces produits de consommation sont arrivés dans les magasins et de ce qu'ils vont devenir lorsque nous n'en aurons plus besoin. Par contre, je n'apprécie pas le côté extrême du mouvement que j'ai ressenti, que c'était soit la décroissance, soit rien. Ainsi, je repose la question à l'origine du mouvement des gilets jaunes. Comment fait-on sans voiture lorsqu'on vit à la campagne, dans un territoire très peu desservi par les transports en commun ? Le covoiturage ? Il faut trouver des personnes sur votre trajet avec vos horaires de travail. Le vélo ? Même avec assistance électrique, c'est bien sur des trajets pas trop longs et c'est mieux lorsque la météo est clémente. Le télétravail ? Pas possible pour tous les métiers. Alors, certes, en vivant à la campagne, je suis obligée d'avoir une voiture. Par contre, en vivant dans un village où il y a encore quelques commerçants et services publics et surtout des agriculteurs, je peux vivre au jour le jour à pied en achetant un certain nombre de produits alimentaires produits localement qui auront été peu transportés. En ville, je n'aurais pas besoin de voiture, mais d'où viendrait mon alimentation ? C'est elle qui ferait pas mal de kilomètres en véhicule à moteur à combustion.

Un autre point qui m'a freiné sur le concept de décroissance, c'est que j'ai ressenti une focalisation sur le système économique de notre société. Or, notre société ne se construit pas qu'autour d'un système économique. Et c'est là où j'en arrive au concept de développement durable.

Le développement durable a été défini dans le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, en 1987 :

« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. »

Cette définition s'illustre par 3 cercles s'entrecroisant, cercles représentant les 3 piliers que sont le développement économique mais aussi social et écologique :

Et c'est lorsque nous trouvons un équilibre entre ces 3 piliers que notre société connaît un développement durable (ou soutenable).

De ce que j'ai ressenti, c'est que les décroissants n'aiment pas le terme de développement. Or, pour moi, l'humain cherche toujours à se développer parce qu'il est curieux, qu'il a conscience qu'il fait partie d'un tout et qu'il veut comprendre comment ce tout fonctionne. Sans cela, nous serions restés un animal.

Par contre, là où je suis d'accord avec les décroissants, c'est que le pilier économique a pris trop d'importance dans nos sociétés dites civilisées. Il faut donc le faire décroître et faire grandir les deux autres piliers social et écologique. C'est ce que j'essaie de transmettre à ceux que j'accompagne dans des changements de comportement écologique, comme des centres de loisirs par exemple.

Et c'est ce que je vais tenter de vous expliquer à travers différents exemples présentés dans mes prochains articles.

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Charlotte Barbut - 38870 Saint Siméon de Bressieux

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