Le papier et son recyclage

Le papier, roi du recyclage

Les plus anciens fragments de papier trouvés en Chine datent du IIe siècle avant J.-C.. Les artisans utilisaient alors de l’écorce de mûrier cuite à la lessive de cendres. Puis en l’an 105 de notre ère, Cai Lun, un haut fonctionnaire de la cour impériale chinoise, améliore la technique de fabrication du papier. Pour cela, il inclut des chiffons à la recette. Le papier devient un produit du recyclage ou plutôt du surcyclage (ou upcycling).

A chaque étape de son voyage, de nouveaux artisans améliorent cette fabrication à partir de chiffons. Tout d’abord les Abbassides à partir du VIIIe siècle, puis en Europe à partir du XIIIe siècle.

Par contre, à partir du XIXe siècle, apparaît le papier « chimique » à partir de bois (en comparaison avec le papier « mécanique »). Il va supplanter le papier à partir de chiffons. Cette évolution est liée à la demande de plus en plus importante de papiers que la fourniture en chiffons ne réussissait plus à suivre.

Mais au cours du XXe siècle va se développer aussi le papier recyclé des déchets de ce papier moderne.

Ma découverte du papier recyclé

Je me suis initiée à la pratique du recyclage artisanal du papier de 2006 à 2008. J’étais alors animatrice en prévention des déchets dans l’association Méditerranée 2000, à Cannes. L’un des ateliers que je pratiquais avec les scolaires était justement le recyclage du papier. Il rendait concret l’intérêt du tri sélectif. J’ai pratiqué cet atelier papier recyclé de l’école maternelle jusqu’au lycée. Et je le propose toujours !

Ma pratique du papier recyclé

Aujourd’hui, je crée de la pâte à papier à partir de trois types de papiers de récupération :

  • Le papier journal, qui est déjà du papier recyclé : les fibres sont déjà très courtes et la pâte obtenue est très grise puisque je ne désencre pas.
  • Du papier imprimante déjà imprimé, blanc ou de couleur : les fibres sont plus longues que le papier journal et la pâte obtenue a une couleur très proche du papier original. En effet, même imprimé, il est beaucoup moins encré que le papier journal.
  • Des chutes de papier coton fourni par un atelier d’imprimerie typographique qui n’arrivait pas à jeter ces chutes. Et comme je le comprends ! La qualité des fibres est bluffante à côté du papier journal et même du papier d’imprimante.

Avec la pâte à papier obtenue :

  • soit je crée des feuilles de différents formats, que je vends à l’unité ou que je relie sous forme de carnets, entre autre avec la technique de la reliure japonaise ;
  • soit je moule les feuilles obtenues pour créer des formes ou je valorise les défauts issus du retrait du tamis ;
  • soit j’égoutte la pâte et ajoute de la colle à la farine pour créer des sculptures en papier mâché.