700 ans d’histoire dont 500 ans avec le masque
C’est en 1094 qu’est mentionné pour la première fois le carnaval de Venise dans un édit. Puis en 1268 apparaît le port du masque qui permet l’inversion des rôles. Les pauvres paraissent riches, les garçons deviennent filles, les nonnes marquises. Porter un masque permet de transgresser l’interdit et donne une illusion de justice sociale.
Le port du masque : une forte portée politique
A cette époque, le carnaval dure deux mois, du lendemain de Noël au mardi gras. De plus, le port du masque n’est pas réservé au carnaval. Il est un objet du quotidien. Les Vénitiens le portent d’octobre à juin hormis les dix jours de l’Avent et les quarante jours du Carême.
Différents masques existent, avec des rôles codifiés. Ils jouent un rôle prépondérant pour s’affranchir des conventions sociales. C’est finalement un objet plus puissant qu’on peut le croire. Ainsi lorsque les troupes françaises gagnent contre la République de Venise en 1797, Napoléon Bonaparte interdit le carnaval et le port du masque, de crainte que les Vénitiens utilisent l’anonymat des costumes pour conspirer contre lui.
Une tradition qui renaît de ses cendres
Le carnaval de Venise renaît au début des années 1980, dans le but de relancer le tourisme dans la ville à une époque creuse de l’année. Il est ouvert officiellement dix jours avant le mardi gras.
Pour cette année 2026, le thème est « Olympus, aux origines du jeu », inspiré de la mythologie et de l’harmonie du corps et de l’esprit, mais aussi dans la Venise des siècles passés. Le carnaval y offrait un cadre grandiose pour les compétitions, les spectacles acrobatiques et les épreuves d’habileté collectives. Il préfigurait ainsi l’esprit des jeux olympiques modernes, dont les prochains ont lieu cet hiver à Milan et Cortina.
Le carnaval de Venise réunit des passionné·e·s. Ils confectionnent chaque année un nouveau costume, inspirés de la thématique annuelle mais aussi des personnages traditionnels de la commedia dell’arte.
Une tradition festive ainsi qu’une tradition artisanale
De part le monde, les masques sont fabriqués avec différentes matières, souvent du bois et du cuir. Mais à Venise, les mascareri les fabriquent traditionnellement en papier mâché (cartapesta). L’interdiction du carnaval et du port du masque avaient provoqué leur disparition progressive. Ils renaissent en parallèle du carnaval.
Le papier mâché, une technique de transformation





J’aime beaucoup former des masques en papier mâché, sentir les fins et souples morceaux de papier s’assembler pour obtenir une forme résistante tout en étant légère. Ma spécificité ? Finaliser la décoration aussi avec des papiers de récupération ! Dans mon atelier, pas de peinture. Juste des papiers, de la colle maison à base de farine et des ciseaux. Pour en savoir plus, vous pouvez lire mon article tutoriel ou participer à l’un de mes ateliers.