En ce mardi 6 janvier 2026, les catholiques fêtent l’Épiphanie pour commémorer la manifestation de Jésus enfant aux Rois mages venus l’adorer. Nous entrons dans la période de carnaval, jusqu’à mardi gras, le 17 février. Or, le carnaval chrétien est dans la continuité de différentes fêtes païennes autour des symboliques de transformation.
Des transformations de la nature…
Lorsqu’on se renseigne sur les origines du carnaval, sont souvent citées les Lupercales et les Saturnales de la Rome antique et les fêtes dionysiaques de la Grèce antique ainsi que différentes fêtes indo-européennes en lien avec les passages de saison de l’hiver et du printemps. Soit elles ritualisaient le retour de la lumière, soit elles symbolisaient la fertilité de la nature qui se réveille, qui se transforme.
… aux transformations sociales
En parallèle des transformations du Vivant, ces fêtes étaient aussi des fêtes de renversement, d’inversion du monde, où le chaos était autorisé pour mieux restaurer l’ordre.
Par exemple, lors des Saturnales, les esclaves prenaient la place des maîtres qui servaient les esclaves. Pendant les Lupercales, de jeunes hommes devenaient loup. Et lors des fêtes dionysiaques, on pouvait se déguiser avec des peaux d’animaux.
L’absorption des fêtes païennes par le christianisme
Ces fêtes étaient très enracinées, très populaires et finalement très utiles socialement. De ce fait, au lieu de les supprimer, le christianisme a choisi de les canaliser. Il a redéfini leur sens, changé leur nom et changé parfois leur date mais conservé leurs formes.
C’est ainsi que le carnaval est la dernière période de liberté avant la retenue, le Carême. L’Église avait compris que le peuple a besoin de moments de libération par rapport aux contraintes sociales ou religieuses. Ces moments permettent de lâcher un peu de lest pour éviter les risques de révolte.
Le déguisement et encore plus le masque permettent l’effacement du statut social, jouent un rôle égalisateur. La dimension collective et festive autorise d’autant plus la satire sociale et politique. Elle donne le droit à la moquerie.
Dans toutes ces fêtes, le masque n’est pas juste décoratif : il est opérateur de transformation. Un des carnavals le plus connu pour ses masques et leur rôle dans l’inversion de l’ordre du monde est celui de Venise. Je vous en parle dans mon prochain article, mardi prochain.
Des ateliers créatifs pour transformer la matière… et se transformer !
J’aime créer des masques avec la technique du papier mâché, à partir de papiers de récupération. Je transforme ainsi une matière vue pour la plupart comme un déchet en un objet noble, qui peut même paraître luxueux !
Je partage ma pratique lors d’ateliers créatifs pendant lesquelles nous ne transformons pas uniquement la matière papier. C’est aussi un moment de transformation personnelle où nous sommes attentifs à nos gestes, à notre perception du toucher. Nous terminons satisfait·e·s du travail réalisé, fier·ère·s de notre création.
