Le masque dans la commedia dell’arte, personnage et objet

Quand le masque se confond avec le personnage

La commedia dell’arte est un genre de théâtre populaire italien, né au XVIe siècle. Elle tient ses racines des fêtes du rire qui sont à l’origine de grands carnavals.

Des acteurs improvisent des comédies marquées par la naïveté, la ruse et l’ingéniosité. Ce genre est apparu avec les premières troupes de comédie avec masques, en 1528. Le masque se confond d’ailleurs avec le personnage qui le porte, comme l’atteste le terme « maschera » ou masque. Il désigne des personnages types portant, précisément, des masques, ainsi que des costumes caractéristiques et s’exprimant avec des gestes codifiés. Ils sont cultes et reviennent dans toutes les pièces. Certains sont restés célèbres et sont passés dans d’autres cultures théâtrales.

Le masque du visage du diable pour les zannis

Les zannis sont les valets du petit peuple. On trouve parmi eux :

  • Arlequin : Il porte un masque noir et un costume fait de losanges multicolores. Ceux-ci représenteraient les multiples facettes d’Arlequin, ainsi que sa pauvreté. Employé dans beaucoup de pièces de commedia dell’arte, il est un personnage indispensable à celle-ci. Sa fonction est celle d’un valet comique. Il est connu pour sa bouffonnerie.
  • Polichinelle : Il représente le plus souvent un valet d’origine paysanne, rusé, grossier, simple, disgracieux, spirituel et gourmand. Vêtu de blanc, il est caractérisé par son fameux masque avec son long nez crochu, sa bosse, son gros ventre et son parler imitant le cri des oiseaux.
  • Brighella : Il est un des types les plus anciens et les plus constants du valet bouffon de la comédie italienne. Son nom vient de briga, querelle. Toujours habillé de vert et blanc avec un masque noir ou olive sur le visage, il porte une bourse et un poignard à sa ceinture.

Deux exemples de masques de vieillard

  • Pantalon : Il représente le vieillard avare, crédule, libertin, méticuleux. Il porte une sorte de robe moulante ne faisant qu’une pièce avec les bas à laquelle il a donné son nom, avec une volumineuse braguette, pour attirer l’attention sur une virilité dont chacun, autour de lui, sait qu’elle appartient au passé. Par dessus un gilet rouge étroit à grands boutons qui, lorsque Venise eut perdu Négrepont, fut changé en un habit noir, et encore, une simarre. Il porte un masque brun avec un long nez crochu et un couvre-chef sans bords.
  • le Docteur : Il est un personnage prétendu savant, qui n’a de docteur que le nom. Selon les pièces, il endosse des rôles variés, à l’instar de l’enseignement qu’il a reçu. En fait, son apparence savante n’est que feinte. C’est souvent un ami de longue date de Pantalon, mais il peut être son opposant à l’occasion. Son ridicule parait lorsqu’il parle de science : son manque de connaissance le contraint à utiliser un latin de cuisine, dénué de sens… Il porte, comme les savants de Bologne, une courte robe noire lui arrivant aux genoux et par-dessus, une autre de même couleur, plus longue. Il chausse des pantoufles noires également et une coiffure toquée tout aussi foncée. Par la suite, une fraise et un feutre extravagant s’est ajouté à son costume. Il porte un masque qui ne recouvre en principe que le front et le nez.

Mais tous ne sont pas masqués !

D’autres personnages de la commedia dell’arte, même si qualifiés de masques, ne sont pas masqués. Il en est ainsi de Pedrolino (ou du Pierrot français que l’on pense lié mais à priori non) qui a le visage directement maquillé de blanc (d’où les masques qu’on peut trouver aujourd’hui comme étant le masque de Pierrot) ou de Colombine.

Ceci rend d’ailleurs la position de l’actrice incarnant traditionnellement Colombine délicate. En effet, les comédiens et comédiennes subissent l’opprobre social et encore plus les comédiennes qui sont souvent associées à une prostituée. L’actrice jouant à visage découvert porte donc du maquillage pour le changer.

trois masques en papier mâché en cours de création dont un masque de Pierrot

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